{"id":714,"date":"2019-05-16T10:32:18","date_gmt":"2019-05-16T10:32:18","guid":{"rendered":"https:\/\/samba-resille.org\/international-platform\/?p=714"},"modified":"2024-03-25T11:05:15","modified_gmt":"2024-03-25T11:05:15","slug":"alukus-de-guyane-et-du-benin-simonet-sur-les-traces-de-ses-ancetres-par-cecile-benoist-mobilite-benin-20-26-avril-2019","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/samba-resille.org\/international-platform\/2019\/05\/16\/alukus-de-guyane-et-du-benin-simonet-sur-les-traces-de-ses-ancetres-par-cecile-benoist-mobilite-benin-20-26-avril-2019\/","title":{"rendered":"Alukus de Guyane et du B\u00e9nin, Simonet sur les traces de ses anc\u00eatres par C\u00e9cile Benoist (Mobilit\u00e9 B\u00e9nin 20-26 avril 2019)"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"714\" class=\"elementor elementor-714\" wpc-filter-elementor-widget=\"1\" data-elementor-post-type=\"post\">\n\t\t\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-501bfaee elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default wpr-particle-no wpr-jarallax-no wpr-parallax-no wpr-sticky-section-no wpr-equal-height-no\" data-id=\"501bfaee\" data-element_type=\"section\" data-e-type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-251e4c7f\" data-id=\"251e4c7f\" data-element_type=\"column\" data-e-type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-f4bbb63 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"f4bbb63\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p><span style=\"color: #000000;\"><b><img decoding=\"async\" class=\"wp-image-708 alignleft\" src=\"https:\/\/samba-resille.org\/international-platform\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/cecile-300x278.jpg\" alt=\"\" width=\"135\" height=\"125\" srcset=\"https:\/\/samba-resille.org\/international-platform\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/cecile-300x278.jpg 300w, https:\/\/samba-resille.org\/international-platform\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/cecile.jpg 500w\" sizes=\"(max-width: 135px) 100vw, 135px\" \/>Alukus de Guyane et du B\u00e9nin,<br \/><\/b><b>Simonet sur les traces de ses anc\u00eatres<br \/><\/b><i>Mobilit\u00e9 B\u00e9nin 20-26 avril 2019<br \/>\u00a9 C\u00e9cile Benoist, Avril 2019 \u2013 Projet K2 IDEM \u2013 Erasmus + \/ Samba R\u00e9sille<br \/><\/i><\/span><\/p><p><span style=\"color: #000000;\"><b>Br\u00e8ve histoire des Alukus de Guyane<\/b><\/span><\/p><p><span style=\"color: #000000;\">Les anc\u00eatres des Alukus de Guyane \u00e9taient des esclaves d\u2019Afrique de l\u2019Ouest qui ont marronn\u00e9, ils se sont enfuis des plantations o\u00f9 ils \u00e9taient captifs. Poursuivis, ils ont d\u00fb se d\u00e9fendre pour conserver leur libert\u00e9 durement reprise. Le marronnage, c\u2019\u00e9tait pour r\u00e9sister \u00e0 l\u2019esclavage, mais aussi pour \u00ab\u00a0se reconstituer, se reconstruire\u00a0\u00bb, dira Simonet.<\/span><\/p><p><span style=\"color: #000000;\">R\u00e9fugi\u00e9s dans la for\u00eat, ces individus \u00e0 nouveau libres se sont effectivement constitu\u00e9 une nouvelle identit\u00e9, issue du m\u00e9lange de plusieurs ethnies africaines, et int\u00e9grant leur \u00e9preuve de l\u2019esclavage. La langue est en partie reconstitu\u00e9e et en partie renouvel\u00e9e. Les esclaves n\u2019ayant pas le droit de parler leur langue, des \u00e9l\u00e9ments se sont perdus, d\u2019autres ont \u00e9t\u00e9 apport\u00e9s par des membres de plusieurs ethnies. Tout comme pour la religion, le mode de vie, la musique, les chants&#8230; Tous ces pans de la culture ont subi des transformations li\u00e9es aux conditions de capture des esclaves (s\u00e9paration des familles), au mode de vie dans les plantations (interdiction ou tol\u00e9rance pour certaines pratiques) et \u00e0 la \u00ab\u00a0fusion\u00a0\u00bb des cultures des membres de diff\u00e9rentes ethnies qui se sont regroup\u00e9es dans leur fuite.<\/span><\/p><p><span style=\"color: #000000;\">Poursuivis, les Alukus se sont r\u00e9fugi\u00e9s dans la for\u00eat profonde o\u00f9 ils se sont li\u00e9s avec les Wayanas, des Am\u00e9rindiens d\u2019Amazonie. Ceux-ci les ont aid\u00e9s \u00e0 s\u2019adapter \u00e0 la vie dans cet environnement. Puis les Alukus se sont install\u00e9s sur les rives du fleuve Maroni.<\/span><\/p><p><span style=\"color: #000000;\">En Guyane, \u00ab\u00a0Bushinengue\u00a0\u00bb est un terme g\u00e9n\u00e9rique qui d\u00e9signe plusieurs ethnies dont les anc\u00eatres \u00e9taient des negmarrons\u00a0: Alukus (ou Boni), Saramaca, Paramaka, Djuka (ou Aukan). Les Bushinengue repr\u00e9sentent 70 000 personnes en Guyane et 120 000 au Suriname. Ils ne reconnaissent pas la fronti\u00e8re entre les deux pays.<\/span><\/p><p><span style=\"color: #000000;\"><b>Premi\u00e8res connexions<\/b><\/span><\/p><p><span style=\"color: #000000;\">D\u00e8s son premier r\u00e9veil au B\u00e9nin, Simonet Doudou, membre de l\u2019\u00e9quipe de Guyane et chef coutumier aluku du village de Boniville sur le Haut Maroni, installe un lieu de culte provisoire au pied d\u2019un arbre, tout pr\u00e8s du b\u00e2timent o\u00f9 nous dormons. Il y fait une br\u00e8ve c\u00e9r\u00e9monie, pour demander aux anc\u00eatres d\u2019ici et du Haut Maroni que ce projet soit une r\u00e9ussite.<\/span><\/p><p><span style=\"color: #000000;\">Apr\u00e8s le petit d\u00e9jeuner, nous nous rendons pour notre s\u00e9ance de travail dans le centre culturel, artistique et touristique qui s\u2019appelle \u00ab\u00a0Ouadada\u00a0\u00bb, qui signifie ici \u00ab\u00a0Bienvenue\u00a0\u00bb. Or, dans le Maroni, on dit \u00ab\u00a0Ouada\u00a0\u00bb pour souhaiter la bienvenue aux visiteurs, et le nom d\u2019artiste de C\u00e9cilon Dada, autre participant \u00e0 la mobilit\u00e9, musicien reggae, est \u00ab\u00a0Ouadada\u00a0\u00bb\u00a0! Des similitudes qui en augurent bien d\u2019autres\u2026<\/span><\/p><p><span style=\"color: #000000;\">L\u2019apr\u00e8s-midi, G\u00e9rard, directeur de Ouadada, nous fait visiter les places vaudous de la ville de Porto-Novo r\u00e9habilit\u00e9es par l\u2019interm\u00e9diaire de son centre et mises en valeur par des artistes b\u00e9ninois. Un pr\u00eatre vodun r\u00e9alise alors une petite c\u00e9r\u00e9monie et invite Simonet \u00e0 formuler silencieusement un souhait. Il nous dira plus tard qu\u2019il a demand\u00e9 de pouvoir rencontrer des Alukus d\u2019ici. Il constate aussi la proximit\u00e9 des rites mortuaires d\u2019ici et de l\u00e0-bas\u00a0: <em>\u00ab\u00a0On n\u2019a pas autant de choses mais on a le m\u00eame r\u00e9sultat.\u00a0\u00bb<\/em> Et il remarque la similitude entre le Roi visit\u00e9 en fin de journ\u00e9e et le \u00ab\u00a0Grand Mon\u00a0\u00bb.<\/span><\/p><p><span style=\"color: #000000;\"><b>\u00c0 la recherche des Alukus du B\u00e9nin<\/b><\/span><\/p><p><span style=\"color: #000000;\">Le jour suivant, alors que nous parcourons la capitale pour d\u00e9couvrir le patrimoine architectural afro-br\u00e9silien, Simonet s\u2019entretient avec une B\u00e9ninoise sur le march\u00e9. Elle lui confirme qu\u2019il y a bien des \u00ab\u00a0Alukus\u00a0\u00bb dans la ville.<\/span><\/p><p><span style=\"color: #000000;\">Les \u00e9quipes se rendent le lendemain \u00e0 Ouidah, la ville d\u2019o\u00f9 partaient les esclaves. Pour de nombreux participants au projet, cette journ\u00e9e est particuli\u00e8rement forte en \u00e9motions. Fouler ces lieux fait vibrer les \u00eatres que nous sommes, questionne notre origine, notre histoire, notre identit\u00e9, participe \u00e0 notre voyage int\u00e9rieur. Beaucoup, comme les Alukus de Guyane ou des Br\u00e9siliens, ont des anc\u00eatres qui ont subi ces \u00e9preuves et effectu\u00e9 la terrible travers\u00e9e. Ici, l\u2019Histoire de l\u2019humanit\u00e9 marqu\u00e9e par l\u2019esclavage r\u00e9sonne avec l\u2019histoire des individus.<\/span><\/p><p><span style=\"color: #000000;\">Sur le chemin du retour, Simonet confie son d\u00e9sir intense de rencontrer des Alukus du B\u00e9nin avant de repartir. Il veut <em>\u00ab\u00a0prendre des nouvelles de la famille\u00a0\u00bb<\/em>. Et le soir, les Guyanais jouent sur leurs percussions traditionnelles pour remercier les divinit\u00e9s de leur accueil.<\/span><\/p><p><span style=\"color: #000000;\"><b>La rencontre <\/b><\/span><\/p><p><span style=\"color: #000000;\">Gr\u00e2ce \u00e0 G\u00e9rard, le directeur du centre Ouadada, une rencontre est organis\u00e9e entre Simonet et un Aluku du B\u00e9nin. Deux personnes de Samba R\u00e9sille, Simonet, G\u00e9rard et notre \u00ab\u00a0interm\u00e9diaire\u00a0\u00bb nous rendons dans un bar de la ville. Nous apprenons alors que la personne que nous attendons s\u2019appelle plus exactement \u00ab\u00a0Minakode Aluku\u00a0\u00bb, un d\u00e9put\u00e9 tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9 de la population.<\/span><\/p><p><span style=\"color: #000000;\">Simonet nous en dit alors un peu plus sur ses anc\u00eatres. En Guyane, les Alukus ont gard\u00e9 la m\u00e9moire des noms. Ils ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9port\u00e9s au Suriname, ont fui, ont \u00e9t\u00e9 pourchass\u00e9s. Ils se sont d\u00e9fendus avec quelques armes, couteaux, sabres et\u2026 mysticisme. Alors qu\u2019ils fuyaient dans la for\u00eat, ils se sont li\u00e9s avec les Boni avec qui ils ne forment qu\u2019une seule famille. Ces esclaves venus du Nord du B\u00e9nin \u00e9taient des guerriers. Puis, les Alukus ont rencontr\u00e9 les Wayanas en remontant le fleuve pour aller vers une zone plus s\u00fbre. Et s\u2019il y a eu quelques conflits entre eux, ils ont fini par s\u2019entendre et par se soutenir.<\/span><\/p><p><span style=\"color: #000000;\">Le d\u00e9put\u00e9 \u00ab\u00a0Aluku\u00a0\u00bb arrive. Simonet lui raconte l\u2019histoire des Alukus de Guyane, cite les villages dans lesquels ils vivent, qu\u2019ils ont cr\u00e9\u00e9s. S\u2019ensuit une digne embrassade et Simonet sort sa tenue traditionnelle tandis que G\u00e9rard explique le projet IDEM. Le d\u00e9put\u00e9 ne parle pas fran\u00e7ais, G\u00e9rard assure la traduction. Le d\u00e9put\u00e9 pr\u00e9cise qu\u2019il est content de nous voir. Le contexte des \u00e9lections dans les prochains jours ne lui permet pas de faire autant qu\u2019il le souhaiterait, affirme qu\u2019il viendra en Guyane pour rencontrer sa famille. Il est touch\u00e9 par la d\u00e9marche de Simonet et aurait voulu lui faire rencontrer les diff\u00e9rentes branches des Alukus. Simonet est tr\u00e8s \u00e9mu. Le d\u00e9put\u00e9 affirme que le vodun va aller vers Simonet.<\/span><\/p><p><span style=\"color: #000000;\">Les mots manquent \u00e0 Simonet\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Les mots que j\u2019ai dits doivent l\u2019emporter sur ce que j\u2019ai oubli\u00e9 de dire.\u00a0\u00bb<\/em> Pour lui, la c\u00e9r\u00e9monie qu\u2019il a fait \u00e0 son arriv\u00e9e a produit \u00ab\u00a0un bon effet\u00a0\u00bb. Simonet dresse aussi le portrait de Boni qui a combattu aux c\u00f4t\u00e9s des Alukus, qui s\u2019occupait des femmes et des enfants, et \u00e9tait un grand guerrier. Il parle de la rivi\u00e8re \u00ab\u00a0Aluku Liba\u00a0\u00bb, c\u2019est la conqu\u00eate qui a fait que le fleuve porte ce nom.<\/span><\/p><p><span style=\"color: #000000;\">Pour le d\u00e9put\u00e9, c\u2019est gr\u00e2ce au vodun que les Alukus sont tol\u00e9rants, et s\u2019ils en prennent soin, ils seront riches. Simonet parle du bois et de l\u2019or sur le territoire guyanais aluku, dont ils ne profitent pas. Mais maintenant que Simonet est venu, il va \u00eatre riche car \u00ab\u00a0le vodun apporte la richesse\u00a0\u00bb, affirme le d\u00e9put\u00e9.<\/span><\/p><p><span style=\"color: #000000;\">Nous reprenons la voiture et nous sommes conduits \u00e0 la biblioth\u00e8que \u00ab\u00a0Leaders solidaires de Mededjonou\u00a0\u00bb, dont le d\u00e9put\u00e9 est un gros donateur. Un instituteur vient nous la pr\u00e9senter.<\/span><\/p><p><span style=\"color: #000000;\">Puis nous repartons et nous nous enfon\u00e7ons dans les villages vers la fronti\u00e8re avec le Nig\u00e9ria pour rejoindre la maison du d\u00e9put\u00e9. Nous la reconnaissons imm\u00e9diatement\u00a0: un immense b\u00e2timent \u00e0 trois \u00e9tages qui c\u00f4toie de modestes habitations juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9. Sur la terrasse, de grands portraits des parents, oncles et tantes du d\u00e9put\u00e9 attirent le regard. Il nous les pr\u00e9sente et Simonet les prend en photo. Apr\u00e8s nous avoir introduits dans le salon, le d\u00e9put\u00e9 effectue plusieurs va-et-vient. Nous comprenons qu\u2019il bouleverse son emploi du temps (nous sommes \u00e0 deux jours des \u00e9lections) pour recevoir Simonet. Puis il nous invite dans une petite salle \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, o\u00f9 il nous montre diff\u00e9rentes poteries, dont chacune repr\u00e9sente un a\u00efeul.<\/span><\/p><p><span style=\"color: #000000;\">Alors que nous nous appr\u00eatons \u00e0 retourner au centre Ouadada o\u00f9 les autres membres sont en pleins pr\u00e9paratifs de notre repas international, on nous annonce une nouvelle rencontre\u2026<\/span><\/p><p><span style=\"color: #000000;\"><b>Un moment royal<\/b><\/span><\/p><p><span style=\"color: #000000;\">Apr\u00e8s le d\u00e9put\u00e9, c\u2019est chez le roi des Alukus que nous sommes conduits. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, comme l\u2019annonce l\u2019inscription \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du palais\u00a0: \u00ab\u00a0Sa majest\u00e9 Kpot\u00e9houn Allanmakoun 18eme Roi d\u2019Adjarra, intronis\u00e9 le 19 octobre 2018\u00a0\u00bb. Une autre inscription liste tous les rois d\u2019Adjarra qui l\u2019ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9, jusqu\u2019au fondateur Attawa, qui a r\u00e9gn\u00e9 de 1722 \u00e0 1749.<\/span><\/p><p><span style=\"color: #000000;\">Apr\u00e8s son intronisation, le roi a pass\u00e9 plusieurs mois dans un couvent vodun, et il est ici depuis 3 semaines. Les salutations au roi se font \u00e0 genou, t\u00eate inclin\u00e9e vers le sol. Simonet lui dit qu\u2019il est heureux de le rencontrer car il ne s\u2019y attendait pas, et il lui retrace sa qu\u00eate\u00a0: lorsqu\u2019il a dit \u00e0 des B\u00e9ninois qu\u2019il \u00e9tait Aluku, on lui a dit qu\u2019un d\u00e9put\u00e9 s\u2019appelait ainsi, la confirmation par la femme du march\u00e9\u2026 Alors il s\u2019est dit qu\u2019avec <em>\u00ab\u00a0la gr\u00e2ce des divinit\u00e9s, il allait essayer de les rencontrer\u00a0\u00bb<\/em>. \u00c0 Ouidah, il a pos\u00e9 la question \u00e0 un guide qui a dit qu\u2019il allait lui faciliter la t\u00e2che, sa confiance est devenue plus forte et il en a parl\u00e9 \u00e0 G\u00e9rard de Ouadada et \u00e0 Hamza, de Samba R\u00e9sille. La rencontre n\u2019\u00e9tait pas pr\u00e9vue, Simonet aurait voulu lui donner un pr\u00e9sent.<\/span><\/p><p><span style=\"color: #000000;\">Le roi demande alors \u00e0 Simonet de se mettre \u00e0 genou et il le b\u00e9nit (G\u00e9rard assure la traduction). <em>\u00ab\u00a0Que les divinit\u00e9s prot\u00e8gent ta vie, que tu n\u2019aies pas de malheur, que tu aies du bonheur dans ton foyer, de la joie, de la richesse.\u00a0\u00bb<\/em> Puis le roi b\u00e9nit le d\u00e9put\u00e9 qui a permis cette rencontre avec Simonet\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Que Dieu vous rassemble, vous ne vous oublierez pas et vous vous entendrez pour toujours.\u00a0\u00bb<\/em> Le roi b\u00e9nit le groupe, nous souhaite un retour en paix, dans la tranquillit\u00e9 et <em>\u00ab\u00a0que nos \u00e9toiles brillent \u00e9ternellement\u00a0\u00bb<\/em>.<\/span><\/p><p><span style=\"color: #000000;\"><b>Le partage<\/b><\/span><\/p><p><span style=\"color: #000000;\">Nous rentrons au centre Ouadada en compagnie du d\u00e9put\u00e9 qui a accept\u00e9 notre invitation, de mani\u00e8re \u00e0 \u00e9changer avec les autres membres alukus du projet, mais aussi pour partager cette rencontre avec tous les participants. Car cette mobilit\u00e9 au B\u00e9nin a \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue comme un retour \u00e0 la culture-source, et ces retrouvailles avec les descendants d\u2019anc\u00eatres communs sur le continent africain en sont un beau symbole.<\/span><\/p><p><span style=\"color: #000000;\">Et apr\u00e8s quelques \u00e9changes formels, cette rencontre improvis\u00e9e se fait de fa\u00e7on spontan\u00e9e et \u00e9vidente pour tous\u00a0: en danse et au rythme des percussions\u00a0!<\/span><\/p><p><span style=\"color: #000000;\">D\u00e9couvrir le projet Identit\u00e9s en mouvements <strong><a style=\"color: #000000;\" href=\"https:\/\/samba-resille.org\/international-platform\/fr-be-br-gu\/\">&gt;&gt;&gt;<\/a><\/strong><\/span><\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alukus de Guyane et du B\u00e9nin,Simonet sur les traces de ses anc\u00eatresMobilit\u00e9 B\u00e9nin 20-26 avril 2019\u00a9 C\u00e9cile Benoist, Avril 2019 \u2013 Projet K2 IDEM \u2013 Erasmus + \/ Samba R\u00e9sille Br\u00e8ve histoire des Alukus de Guyane Les anc\u00eatres des Alukus de Guyane \u00e9taient des esclaves d\u2019Afrique de l\u2019Ouest qui ont marronn\u00e9, ils se sont enfuis des plantations o\u00f9 ils \u00e9taient captifs. Poursuivis, ils ont d\u00fb se d\u00e9fendre pour conserver leur libert\u00e9 durement reprise. Le marronnage, c\u2019\u00e9tait pour r\u00e9sister \u00e0 l\u2019esclavage, mais aussi pour \u00ab\u00a0se reconstituer, se reconstruire\u00a0\u00bb, dira Simonet. R\u00e9fugi\u00e9s dans la for\u00eat, ces individus \u00e0 nouveau libres se sont effectivement constitu\u00e9 une nouvelle identit\u00e9, issue du m\u00e9lange de plusieurs ethnies africaines, et int\u00e9grant leur \u00e9preuve de l\u2019esclavage. La langue est en partie reconstitu\u00e9e et en partie renouvel\u00e9e. Les esclaves n\u2019ayant pas le droit de parler leur langue, des \u00e9l\u00e9ments se sont perdus, d\u2019autres ont \u00e9t\u00e9 apport\u00e9s par des membres de plusieurs ethnies. Tout comme pour la religion, le mode de vie, la musique, les chants&#8230; Tous ces pans de la culture ont subi des transformations li\u00e9es aux conditions de capture des esclaves (s\u00e9paration des familles), au mode de vie dans les plantations (interdiction ou tol\u00e9rance pour certaines pratiques) et \u00e0 la \u00ab\u00a0fusion\u00a0\u00bb des cultures des membres de diff\u00e9rentes ethnies qui se sont regroup\u00e9es dans leur fuite. Poursuivis, les Alukus se sont r\u00e9fugi\u00e9s dans la for\u00eat profonde o\u00f9 ils se sont li\u00e9s avec les Wayanas, des Am\u00e9rindiens d\u2019Amazonie. Ceux-ci les ont aid\u00e9s \u00e0 s\u2019adapter \u00e0 la vie dans cet environnement. Puis les Alukus se sont install\u00e9s sur les rives du fleuve Maroni. En Guyane, \u00ab\u00a0Bushinengue\u00a0\u00bb est un terme g\u00e9n\u00e9rique qui d\u00e9signe plusieurs ethnies dont les anc\u00eatres \u00e9taient des negmarrons\u00a0: Alukus (ou Boni), Saramaca, Paramaka, Djuka (ou Aukan). Les Bushinengue repr\u00e9sentent 70 000 personnes en Guyane et 120 000 au Suriname. Ils ne reconnaissent pas la fronti\u00e8re entre les deux pays. Premi\u00e8res connexions D\u00e8s son premier r\u00e9veil au B\u00e9nin, Simonet Doudou, membre de l\u2019\u00e9quipe de Guyane et chef coutumier aluku du village de Boniville sur le Haut Maroni, installe un lieu de culte provisoire au pied d\u2019un arbre, tout pr\u00e8s du b\u00e2timent o\u00f9 nous dormons. Il y fait une br\u00e8ve c\u00e9r\u00e9monie, pour demander aux anc\u00eatres d\u2019ici et du Haut Maroni que ce projet soit une r\u00e9ussite. Apr\u00e8s le petit d\u00e9jeuner, nous nous rendons pour notre s\u00e9ance de travail dans le centre culturel, artistique et touristique qui s\u2019appelle \u00ab\u00a0Ouadada\u00a0\u00bb, qui signifie ici \u00ab\u00a0Bienvenue\u00a0\u00bb. Or, dans le Maroni, on dit \u00ab\u00a0Ouada\u00a0\u00bb pour souhaiter la bienvenue aux visiteurs, et le nom d\u2019artiste de C\u00e9cilon Dada, autre participant \u00e0 la mobilit\u00e9, musicien reggae, est \u00ab\u00a0Ouadada\u00a0\u00bb\u00a0! Des similitudes qui en augurent bien d\u2019autres\u2026 L\u2019apr\u00e8s-midi, G\u00e9rard, directeur de Ouadada, nous fait visiter les places vaudous de la ville de Porto-Novo r\u00e9habilit\u00e9es par l\u2019interm\u00e9diaire de son centre et mises en valeur par des artistes b\u00e9ninois. Un pr\u00eatre vodun r\u00e9alise alors une petite c\u00e9r\u00e9monie et invite Simonet \u00e0 formuler silencieusement un souhait. Il nous dira plus tard qu\u2019il a demand\u00e9 de pouvoir rencontrer des Alukus d\u2019ici. Il constate aussi la proximit\u00e9 des rites mortuaires d\u2019ici et de l\u00e0-bas\u00a0: \u00ab\u00a0On n\u2019a pas autant de choses mais on a le m\u00eame r\u00e9sultat.\u00a0\u00bb Et il remarque la similitude entre le Roi visit\u00e9 en fin de journ\u00e9e et le \u00ab\u00a0Grand Mon\u00a0\u00bb. \u00c0 la recherche des Alukus du B\u00e9nin Le jour suivant, alors que nous parcourons la capitale pour d\u00e9couvrir le patrimoine architectural afro-br\u00e9silien, Simonet s\u2019entretient avec une B\u00e9ninoise sur le march\u00e9. Elle lui confirme qu\u2019il y a bien des \u00ab\u00a0Alukus\u00a0\u00bb dans la ville. Les \u00e9quipes se rendent le lendemain \u00e0 Ouidah, la ville d\u2019o\u00f9 partaient les esclaves. Pour de nombreux participants au projet, cette journ\u00e9e est particuli\u00e8rement forte en \u00e9motions. Fouler ces lieux fait vibrer les \u00eatres que nous sommes, questionne notre origine, notre histoire, notre identit\u00e9, participe \u00e0 notre voyage int\u00e9rieur. Beaucoup, comme les Alukus de Guyane ou des Br\u00e9siliens, ont des anc\u00eatres qui ont subi ces \u00e9preuves et effectu\u00e9 la terrible travers\u00e9e. Ici, l\u2019Histoire de l\u2019humanit\u00e9 marqu\u00e9e par l\u2019esclavage r\u00e9sonne avec l\u2019histoire des individus. Sur le chemin du retour, Simonet confie son d\u00e9sir intense de rencontrer des Alukus du B\u00e9nin avant de repartir. Il veut \u00ab\u00a0prendre des nouvelles de la famille\u00a0\u00bb. Et le soir, les Guyanais jouent sur leurs percussions traditionnelles pour remercier les divinit\u00e9s de leur accueil. La rencontre Gr\u00e2ce \u00e0 G\u00e9rard, le directeur du centre Ouadada, une rencontre est organis\u00e9e entre Simonet et un Aluku du B\u00e9nin. Deux personnes de Samba R\u00e9sille, Simonet, G\u00e9rard et notre \u00ab\u00a0interm\u00e9diaire\u00a0\u00bb nous rendons dans un bar de la ville. Nous apprenons alors que la personne que nous attendons s\u2019appelle plus exactement \u00ab\u00a0Minakode Aluku\u00a0\u00bb, un d\u00e9put\u00e9 tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9 de la population. Simonet nous en dit alors un peu plus sur ses anc\u00eatres. En Guyane, les Alukus ont gard\u00e9 la m\u00e9moire des noms. Ils ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9port\u00e9s au Suriname, ont fui, ont \u00e9t\u00e9 pourchass\u00e9s. Ils se sont d\u00e9fendus avec quelques armes, couteaux, sabres et\u2026 mysticisme. Alors qu\u2019ils fuyaient dans la for\u00eat, ils se sont li\u00e9s avec les Boni avec qui ils ne forment qu\u2019une seule famille. Ces esclaves venus du Nord du B\u00e9nin \u00e9taient des guerriers. Puis, les Alukus ont rencontr\u00e9 les Wayanas en remontant le fleuve pour aller vers une zone plus s\u00fbre. Et s\u2019il y a eu quelques conflits entre eux, ils ont fini par s\u2019entendre et par se soutenir. Le d\u00e9put\u00e9 \u00ab\u00a0Aluku\u00a0\u00bb arrive. Simonet lui raconte l\u2019histoire des Alukus de Guyane, cite les villages dans lesquels ils vivent, qu\u2019ils ont cr\u00e9\u00e9s. S\u2019ensuit une digne embrassade et Simonet sort sa tenue traditionnelle tandis que G\u00e9rard explique le projet IDEM. Le d\u00e9put\u00e9 ne parle pas fran\u00e7ais, G\u00e9rard assure la traduction. Le d\u00e9put\u00e9 pr\u00e9cise qu\u2019il est content de nous voir. Le contexte des \u00e9lections dans les prochains jours ne lui permet pas de faire autant qu\u2019il le souhaiterait, affirme qu\u2019il viendra en Guyane pour rencontrer sa famille. Il est touch\u00e9 par la d\u00e9marche de Simonet et aurait voulu lui faire rencontrer les diff\u00e9rentes branches des Alukus. Simonet est tr\u00e8s \u00e9mu. Le d\u00e9put\u00e9 affirme que le vodun va aller vers Simonet. 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