Portrait de Liverpool

Vendredi 15 juillet

Le socle de ce projet Erasmus+ vers Liverpool repose sur l’apprentissage informel, l’autoformation, notamment linguistique et des savoir-faire liés à l’organisation du Carnaval. Mais ce projet tend aussi à développer notre « sensibilité culturelle ». Et effectivement, l’occasion nous est donnée de découvrir Liverpool. Un point sur la ville qui nous accueille.

A l’instar de Toulouse, elle est la quatrième de l’Angleterre en taille. C’est une ville qui s’apprivoise, s’appréhende doucement. Comme un plat anglais, elle n’offre pas ses saveurs dès la première bouchée. Elle est une destination touristique privilégiée, notamment parce qu’elle constitue le berceau de la genre musical Beat, dont les Beatles furent l’une des figures majeures, et qui allie les influences du rock, de la pop et du rythm and blues. La scène locale était appelée Merseybeat, du nom du fleuve Mersey qui baigne la ville, et qui se jette ensuite dans la mer d’Irlande. Malgré son aspect quelque peu austère, bien aidée pas son ciel couvert et la pluie, elle est vraiment chaleureuse, grâce à ses habitants. On ne peut que se réjouir de l’attitude amicale des gens à notre égard. Alors je n’irai pas jusqu’à dire que les gens dansaient frénétiquement le samba dans la rue avec nous, mais tous les échanges que nous avons pu avoir étaient toujours détendus, amicaux. Et pas seulement avec des employés, comme les serveurs qui vérifient pendant votre repas que vous êtes satisfaits en ponctuant leur question d’un « my love » ou « darling », mais aussi lorsque des passants vous indiquent la route, ou veulent savoir d’où vous venez.

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Liverpool n’est pas avare de superlatifs. En plus de posséder la plus grande Cathédrale d’Europe, elle a aussi la plus ancienne ancienne diaspora chinoise d’Europe, dont la culture architecturale est représentée par la porte ci dessus, qui marque l’entrée de China Town. En fait, nombre de communautés y émigrent depuis longtemps, largement encouragé par l’industrie portuaire florissante depuis le XVIIIème siècle, et le fait que l’Empire britannique possède de nombreuses colonies, comme dans les Caraïbes par exemple. Les manufactures, notamment sidérurgiques et portuaires qui longent le fleuve témoignent d’un histoire tournée vers la mer et le nouveau Monde. Cependant, cette prospérité passée a largement bénéficié du commerce triangulaire, qui impliquait la traite de millions de Noirs Africains qui étaient échangés contre des produits manufacturés, puis déportés vers les Amériques, desquels provenaient le coton et le sucre, alors produits de luxe. Nombre de rues de la ville portent le nom d’anciens notables ayant fait fortune en affrétant des navires remplis d’objets, telles que des armes, qui servaient de monnaie d’échange dans la traite des esclaves. On peut citer Penny Lane par exemple. Le musée International de l’Esclavage de Liverpool constitue ainsi un patrimoine central de la ville qui commémore le souvenir de cette histoire tragique.

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L’architecture de la ville oscille entre des immeuble imposants et majestueux de style victorien, ces immeubles industriels en brique sombre, et des tours en verre ultra modernes. Sur les docks (darses en français), ces bassins qui servent à l’accostage des bateaux, mais qui sont aujourd’hui quasi inoccupées, nombre d’anciennes usines se sont transformés en musées ou hôtels-restaurants. Ainsi, certains ont pu profiter de la Biennale d’Art Contemporain qui a lieu jusqu’en octobre, et occupe aussi bien des lieux de la culture institutionnelle qu’une brasserie ou un ancien cinéma, tous deux désaffectés, qui ajoutent aux expositions un caractère unique. Cette ambiance compose un paysage hétéroclite parfois incongru, très surprenant mais si riche. Des boutiques brocantes ont trouvé refuge dans une ancienne église qui n’officie plus. A deux pas du St George Hall, bâtisse imposante à colonnes qui accueille des spectacles de théâtre ou des opéras, on tombe sur un immeuble type Arts-Déco qui abrite un magasin de vêtements vintage ou encore une librairie de comics sous plastique (comme dans les séries américaines).

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Ce voyage ne bouscule évidemment pas nos codes culturels…c’est toujours l’Europe! Pour autant Liverpool possède un vrai charme et sa frénésie créatrice et artistique, qui sait se réapproprier le patrimoine historique, ne laisse pas indifférent.

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